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Les observatoires Jarry_Desloges en Algérie

Publié : ven. sept. 29, 2017 7:09 pm
par derggeo
Salam. Les observatoires français Jarry-Desloges ont réalisé plusieurs campagnes d'observation astronomiques en Algérie en y installant du matériel de pointe pour l'époque 1913, à Sétif et Laghouat, sites choisis pour la qualité de l'air : altitude et faible pluviosité sur l'année. Ces observations ont été faites par deux frères astronomes: Georges et Valentin Fournier. Pour participer à cette rubrique astronomie j'ai fait une petite recherche sur le net particulièrement Gallica.bnf. Je voudrais partager avec vous ces quelques lectures, plus historiques que scientifiques, l'astronomie ayant beaucoup évolué depuis.
Voici des extraits et des pdf d'articles,ainsi q'un lien sur le site sidihadjaissa.com sur le même sujet à laghouat.

"Si on examine la situation de l'oasis de Laghouat, elle semble des meilleures ; déjà élevée de 750 mètres au-dessus de la mer, on peut trouver de bons points d'observation au Nord, à une vingtaine de kilomètres, au Djebel Milok, à 1175 mètres d'altitude, et plus loin encore au Djebel Azereg, à 1 475mètres d'altitude.
Mais il est fort difficile de parvenir à Laghouat! Pas de chemin de fer depuis Berroughia,plus de 300 kilomètres à faire en diligence, et par quels chemins ! Le ciel y est presque toujours pur, comme on peut le voir d'après le tableau de nébulosité. Le sable y est assez rare dans l'atmosphère, grâce à son éloignement des dunes de l'Est et de l'Ouest de l'Algérie, il n'y a ni chott important, ni oasis dans son voisinage immédiat, ni de chaînes de montagnes bien importantes; bref, la situation parait très propice aux belles images télescopiques ; le seul défaut est son accès difficile, mais grâce à l'automobilisme, si les routes s'amélioraient, on pourrait y atteindre un jour plus facilement."
R. JARRY-DESLOGES, Membre de la Société.
In: "Société astronomique de France. L'Astronomie (1911)". 1907/01. fin.

"En tant qu'attaché aux Observatoires Jarry Desloges, M. Fournier dépose ensuite, sur le bureau, au nom du fondateur, le neuvième tome des Annales de ces Observatoires publiées sous le titre Observations des surfaces Planétaires. Il accompagne son dépôt de quelques commentaires où il rappelle le but poursuivi, depuis 1907,par M. Jarry Desloges rechercher les emplacements les plus favorables aux observations physiques des planètes. Un certain nombre de stations temporaires ont été ainsi organisées par lui, et à ses frais, successivementau Mont-Revard, au Massegros (Lozère), à Toury (en Beauce), à Laghouat, puis à Sétif, où il s'est définitivement fixé, installant là à demeure le principal de ses instruments, un réfracteur Schaer de 50 centimètres. A Sétif, dit M. Fournier, à 1 150 mètres d'altitude,sous un climat semi-désertique, on peut compter sur une moyenne de 300 nuits claires par an; la qualité exceptionnelle des images y a fait ses preuves."
In: Société astronomique de France. L'Astronomie (1911). 1943/01.
Séances du dimanche 09 mai 1943.fin.

"On sait que M. Jarry Desloges s'est consacré aux recherches planétaires dans des stations temporaires soigneusement choisies, où ses excellents instruments sont susceptibles du meilleur rendement optique. Pour cette opposition martienne de 1913-1914, deux stations, destinées à se compléter et à se contrôler mutuellement, ont fonctionné dans l'Afrique du Nord : l'une à Sétif, déjà installée en 1911-12, et où ont été réunis une grande partie des matériaux composant le tome III, et l'autre à Laghouat, aux confins du désert. Cette dernière était munie du réfracteur Mertz, de 29 centimètres ; quant à celle de Sétif, un nouveau réfracteur, taillé par Schaer, de 50 centimètres d'ouverture et 6 m, 50 de longueur focale, y avait été érigé. M. Jarry Desloges avait confié chacune d'elles à ses collaborateurs habituels : M. G. Fournier observait à Sétif, M. V. Fournier observait à Laghouat. Elles fonctionnèrent depuis le commencement d'octobre jusqu'à la fin de février, l'opposition ayant eu lieu le 5 janvier 1914."
In: "OBSERVATIONS DES SURFACES PLANÉTAIRES " par R. JARRY-DESLOGES
ANALYSE SOMMAIRE DU TOME IV.
Société astronomique de France. L'Astronomie (1911). 1923/01- 1923/12.fin

LES COMÈTES DE 1903.
La troisième comète découverte cette année, à l'Observatoire de Marseille, par M. Borelli, astronome, a été étudiée dans divers observatoires de l'Europe, elle a eu les honneurs d'une des dernières séances de l'Académie des Sciences de Paris. M. Berthelot a profité de l'occasion pour examiner ce qui pourrait advenir de nous si l'un de ces astres venait à rencontrer la terre. M. Deslandres, de l'Observatoire de Meudon, en a fait l'analyse spectrale et en déduit, comme d'ailleurs dans tous les astres du même genre, la présence d'hydrocarbure et d'acide cyanhydrique.
Mais, sur le littoral algérien où l'horizon et le ciel en cette saison sont toujours masqués par les brumes humides d'Est et de Nord-Est, on n'a pu rien observer d'intéressant.Les habitants d'El-Biar et de la Bouzarêah ont pu jouir d'un joli spectacle lorsque cette comète approchait de l'horizon peu après le soleil couchant. Du sommet de la Bouzarêah au dessous du point géodésique qui est à 412 mètres au-dessus du niveau de la mer, on pouvait jouir d'un magnifique spectacle: la queue de là comète devenant plus brillante par effet de contraste, se détachait sur un ciel assez clair par exception, pour une fois !
Dans le n° du 2 août des " Clochettes", nous avons, rappelé qu'il y avait un Congrès de petites comètes télescopiques. Celle de Paye, qui revient tous les sept ans, n'a pu être observée en Europe à cause du mauvais temps. Mais il y a, celle de Brooks qui revient elle aussi tous les sept ans, qui a été retrouvée, le 23 août dernier, à l'Observatoire de Lick, en Californie, par M. Brooks lui-même, le premier intéressé. Cet observatoire posséde, à l'égal de ceux de Washington et de Verkes, les instruments les plus puissants de l'ancien et du nouveau monde, dont nous donnerons, dans un prochain article, une description complete.
La lunette de Verkes a un mètre de diamètre, 19 mètres de long et pèse 75 tonnes. Tout le monde a pu l'admirer à la dernière exposition de Chicago. La. comète se trouve vers l'horizon sud dans le Capricorne, tous les observatoires du Nord étant désavantageusement situés. Il appartiendra, aux observatoires du Cap, de Cordova, (République Argentine), de Sidney, de Lima, de Quito, etc., où le ciel est. d'une grande pureté, de faire d'excellentes observations.
Si déjà l'Algérie avait un observatoire avec de puissants instruments à Laghouat, au lieu d'être sur le littoral où le ciel est brumeux et même boueux, ou l'on ne peut faire que de là mauvaise besogne. A Laghouat, on peut réellement faire d'excellentes observations pendant six mois de l'année, de décembre à mai, et supplanter tous les observatoires de l'Europe: Quelle abondante moisson de faits, de découvertes, d'études sur les nébuleuses, et puis on aurait un autre champ d'observations qui s'étendrait jusqu'au Sénégal, qui se trouve être presque l'horizon des observatoires de l'hémisphère Sud.
En revenant d'observer une éclipse totale au Sud de Ouargla (1861-1862), nous sommes resté trois mois à Laghouat, où nous avions fait diriger d'Alger le premier télescope Foucault, de 33 centimètres de diametre.
Laghouat se trouvant sur le bord du désert où l'air est très sec, le ciel étudié avec un pareil instrument semble être un morceau de velours noir sur lequel on aurait jeté à profusion de la poussière de diamants.
Tout aussitôt, que nous avions installé nos instruments chez le commandant du Cercle, le colonel Labrousse, qui est allé mourir bien malheureusement au Mexique, il y eut un pénomène astronomique fort remarquable. C'était l'occultation de la planète Vénus par la lune.Le ciel était d'une pureté extraordinaire, la lune formait un croissant assez mince ; il restait donc les deux tiers du corps de la lune que l'on pouvait apercevoir comme lumière cendrée, ceci n'est rien ; mais ce qui complétait le tableau, c'est Vénus qui se trouvait juste au-dessus et tout près de la lune le côté obscur. A un moment donné, Vénus disparaît derrière le disque obscur. Tous les Arabes étaient venus sur la place Randon, près de l'hôtel du Commandement, ils étaient en extase parce que le tableau, représentait aussi le croissant des Musulmans.
Les Arabes disaient, que nous étions "le taleb" justement venu pour leur faire voir ; de même qu'à, Ouargla où il n'avait pas plu depuis sept, ans. Aussitôt l'éclipsé terminée, il est tombé une très légère ondée de cinq minutes. C'était encore " le taleb ", etc…
Nous fîmes voir au travers du grand télescope quelques montagnes de lune à des chefs arabes, des lettrés : ils les connaissaient déjà, !
BULARD
In: "Les Clochettes algériennes et tunisiennes (Constantine)". 27/09/1903.fin

http://www.mediafire.com/file/pu9vff6xs ... ghouat.pdf

http://www.mediafire.com/file/zo3dwcv1h ... _setif.pdf

http://www.mediafire.com/file/mkv7p3nsp ... vation.pdf

http://www.mediafire.com/file/1qczb1zld ... taires.pdf


https://www.google.dz/url?sa=t&rct=j&q= ... MtbD4DY5aw